Olangar : une fantasy à la croisée des genres à ne pas rater!

Ce dessin est magnifique, n’est-ce pas?

Les livres qu’il illustre le sont encore plus!

Je ne pouvais pas ne pas vous parler d’une de mes lectures favorite : Olangar, de Clément Bouhelier (éd. Critic), qui compte actuellement 3 tomes (sur 4). Le 3ème est sorti l’année dernière, en plein Covid, et il m’a fallu bien un an avant qu’il se rappelle à mon bon souvenir et que je me rue dessus (pourtant, ce n’est pas comme si je connaissais l’éditeur!)

Olangar est un univers comme je les aime, qui se joue des codes pour en inventer de nouveaux. Une histoire de fantasy steampunk profonde, qui vous happe de la première à la dernière page. Vous suivez les traces de Baldek le nain, Torgend l’elfe déchu et Evyna la noble débrouillarde, qui tentent de ne pas se faire broyer par la pire des machines : la machine humaine.

Luttes sociales, questions raciales, sujets identitaires, construction politiques, inventions mécaniques… tout est là. Clément Bouhelier réussit un sacré tour de force en nous présentant un récit à la précision médicale : rien n’est laissé de côté.

Les personnages, tout d’abord. Leurs défauts, leurs qualités, leurs instincts, leurs peurs… vous plongez au cœur de chacun, en ayant l’impression de les connaître intimement alors même qu’ils gardent une part de mystère. Chaque portrait est soigné, même ceux des personnages secondaires, voir tertiaires. Moi qui ai souvent du mal à identifier clairement les protagonistes sur les récits chorales (4 noms différents et je me perds!), je pourrais dessiner en détail chaque acteur de cette fresque monumentale. Difficile de dire quel personnage me plaît le plus tant ils sont tous complémentaires et humains (oui, c’est un comble pour des nains ou un elfe! Le plus humain de tous étant peut-être Ergan… l’orc. Un vrai tour de force). J’ai pris un énorme plaisir à retrouver Evyna sur le 3ème tome : personnage féminin fort et pourtant touchante, loin des stéréotypes, elle me rappelle Cérès de l’Empire du Léopard (E.Chastelière, ed. Critic). Clément et Emmanuel nous montrent qu’écrire un personnage féminin crédible n’est pas une question de genre*!

Le monde, ensuite. Olangar est à mon sens un récit steampunk car, bien que ne se plaçant pas dans un contexte uchronique de notre propre Terre, il traite largement des question de l’emprise de la machine sur l’homme. Des usines d’Olangar à la ville minière de Frontenac, en passant par la fabrique de zeppelins de Lorkhil, ce récit est marqué par le labeur des ouvriers, dépassés et écrasés par un système industriel lâché à plein régime. On retrouvera, in fine, l’influence de la machine humaine et politique derrière tout ça… bien plus que la volonté d’un seul homme providentiel. J’adore cette approche réaliste et crédible!

Pour finir, on ne peut pas voyager à Olangar sans revenir avec des images de paysage grandioses. Comme pour ses personnages, Clément sait trouver le parfait équilibre des mots pour vous plonger dans le décors – et je dis bien dans. On voit Olangar, on sent Olangar, on touche Olangar, on entend Olangar… des fumées âcres du train à vapeur en passant par le bruit assourdissant des chutes de Frontenac, vous sortez de ce livre avec une foule de sensations, bientôt plus fortes que vos propres souvenirs de vacances!

En bref, Olangar c’est un univers qui vous prend aux tripes pour ne plus vous lâcher, même lorsque le livre est posé tranquillement dans votre bibliothèque. A lire d’urgence!

* Un grand MERCI très personnel de me mettre dans les mains des personnages féminins déterminés et fortes, qui n’ont pas envie de faire des enfants, qui se fichent de leur apparence et dont la faille n’est pas une douilletterie quelconque. Franchement, même moi je sais pas faire ^^

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