1ère semaine de DRomA – Bilan d’étape

Voici une semaine pile-poil qu’accompagnée de plusieurs auteurs (voir des centaines de milliers!), je mène le challenge du NaNoWriMo, et plus particulièrement celui du Défi du Roman d’Automne (DRomA) animé par Mickaël. Le but : écrire le 1er jet de mon 1er roman, soit environ 300 000 sec (Signes Espaces Comprises) d’ici le 30 novembre.

Pour le moment, tout va bien. Tout va TRÈS bien! Je suis surprise de voir à quel point je prends plaisir à m’immerger dans mon univers, et à quel point cela devient de plus en plus facile au fil des jours. Bien sûr, après des journées intenses de travail, et plus particulièrement en fin de semaine, il m’est plus difficile d’aligner les chapitres. Ma vitesse d’écriture dépend de ma fatigue et de ma capacité à me concentrer. J’aimerai dire que les scènes les plus lentes à écrire sont les moins passionnantes et qu’elles dénotent d’un manque de tension, de conflit ou autre. Malheureusement, il n’en est rien : j’ai appris par le passé que les scènes que j’ai eu du mal à écrire n’ont pas forcément été les pires – et inversement. L’écriture surprend, toujours, et de plus en plus.

Mon pire ennemi dans ce défi?

Moi.

Bien sûr, il y a le réflexe classique d’auto-sabotage au quotidien – la petite voix qui susurre à l’oreille « oui, tu as écrit ton quota de signes, mais qu’est-ce que c’est mauvais! » « tu te racontes ton univers là, on s’ennuie! » « Roh, quel stéréotype! T’as pas honte? » « Nan mais là, t’en fais des tonnes, n’importe quoi ».

Bon, ça, je la connais depuis longtemps. Je sais que le retravail permettra de lui donner raison (parfois) ou tort (souvent!). Et elle s’efface vite devant le plaisir intense que je prends à parcourir mon univers, découvrir des paysages fabuleux, rencontrer mes personnages! Chaque jour amène son lot de surprise : d’un détail auquel je n’avais pas pensé mais qui va si bien dans l’univers à un protagoniste qui dévoile un potentiel insoupçonné.

Non, la réaction qui m’a vraiment surprise et pris de cours m’est venue dans l’après-midi, alors que je faisais une pause dans mon écriture, heureuse de voir s’avancer le récit. Mon esprit très mathématique a vite calculé qu’au bout d’une semaine, j’ai atteint déjà le tiers des signes requises mais pas encore le tiers de mon histoire. Autant dire, ça va être plus gros que prévu. Sachant que 300ksec pour un 1er jet me paraissait déjà énorme.

En une semaine, j’ai écrit autant de signes qu’en deux ans, lorsque j’ai écrit Neige. Et j’y ai prit tout autant, voir encore plus de plaisir!

Fort de ce constat, ma tête à fait…

OUCH.

C’est du sérieux.

Voilà, comme ça, d’un coup, l’énormité de ce que je suis en train de faire m’a sauté aux yeux, comme un voile qui se déchire.

Je suis en train d’écrire mon 1er roman.

Vraiment. Vrai de vrai. Oui oui oui.

Et là, d’un coup, un vertige m’a saisit. J’ai eu subitement envie de fermer l’ordi, supprimer mon blog, dire à tout le monde « non non, c’était une erreur, merci-au-revoir, je me suis trompée… ».

Pourquoi?

Parce que d’un coup, les chiffres m’ont montré que c’était facile. En une semaine, j’ai l’impression d’avoir retrouvé la fluidité de mon écriture de jeunesse. J’adore ce que je vis! J’ai même du mal à dire que j’écris, car l’histoire vient toute seule. Chaque grain de sable est à sa place, et je n’ai même pas d’effort à faire.

Donc…

Donc, si je prends plaisir et que je ne fais pas d’effort, ce que je produis va forcément être mauvais.

Oui, réaction un peu étrange mais qui vous parlera si vous êtes un produit du système comme moi. Aller à l’école, être bon, faire des efforts, s’adapter, travailler… tous ces mots qui supposent que, si l’effort n’est pas difficile, alors le plaisir de la réussite et la qualité de la production ne sont pas légitimes.

Un imbroglio de croyances et raisonnements faussés… que je suis bien contente de connaître pour pouvoir prendre du recul dessus! A ce sujet, je ne peux que vous conseiller la lecture de « Et tout le monde s’en fout », ainsi que l’épisode de l’auto-sabotage de cette fameuse web-série! (que je ne saurais que trop recommander).

Donc, rassurez-vous : je ne vais ni fermer ce blog, ni cesser d’écrire. Mon premier objectif est de me faire plaisir, et là, il est à 200% atteint! 😀 Alors, on continuuuuuuuuue!

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